C’est moi où l’horloge dans la cuisine trotte plus bruyamment qu’à l’habitude?
(Je peux maintenant compter ton retour en heures exclusivement…)
C’est moi où l’horloge dans la cuisine trotte plus bruyamment qu’à l’habitude?
(Je peux maintenant compter ton retour en heures exclusivement…)
Ça fait trois mois que t’as quitté le Québec et t’étais même pas parti que déjà, les scénarios se bousculaient dans mon coco.
J’ai répété la même histoire, toujours avec quelques différences, mais qui résultaient inévitablement par ton arrivée.
À quelques heures de te retrouver, mon cerveau l’a mis en veilleuse. Incapacité totale de nouvelles façons d’appréhender ce moment ou simplement une lassitude? Difficile à dire. Je suis prise entre cet état d’énervement et un calme de couloir d’hôpital (un calme résigné disons).
Alors j’attends. Pour faire changement. Pour résumé mon été. Pour faire un bilan de ce trimestre, pour me préparer à vivre l’aprèssanstoi.
Décidément, je serais une historienne redoutable. Je ne suis qu’une amoureuse qui s’impatiente.
Reviens vite.
1. Je cours vers toi, avec ma robe et mes cheveux au vent, et je te saute au cou. Une scène à rendre jaloux tous les acteurs d’hollywood.
2. Je t’osculte un peu. regarde si t’as maigri, si tes fesses sont aussi rebondies. Me plains de ton bronzage. Te prends par la main, te tire vers moi. Te fais patienter avant de t’embrasser. Saute dans un taxi.
3. Je demande au chauffeur de nous laisser en paix, de nous déposer lorsque le compteur déraille. On se balade, le temps s’étire et se contracte au gré de nos pas.
4. Je pousse la porte d’un petit resto. Tranquille, mais juste assez bruyant pour que les gens n’entendent pas mes ” je t’aime, là, maintenant” et tes ” t’es belle”.
5. Je regarde le serveur et lui annonce que finalement, on va seulement prendre le dessert. En take-out.
6. Je t’attire vers moi, me penche à ton cou. Emplis mes poumons de toi.
7. Je monte l’escalier de notre nouvelle demeure, je te fais faire le tour en silence, pour ne pas réveiller les autres.
8. J’entre dans notre chambre. Je verrouille la porte.
9. Je te laisse me faire des câlins. À ta façon, à ton rythme. Je t’embrasse partout. Comme si on était qu’un. Ou plutôt, comme si j’étais toi.
10. Je te pousse jusque dans la douche. Je laisse couler l’eau pour prendre un bain. Je te savonne le dos. Longtemps. Tu me racontes anecdotes de France, je te cite des moments Châteaubriandesques.
11. Je fais commander une pizza en spécifiant qu’il faut qu’elle soit en forme de coeur. On grignote en riant.
12. Je finis par m’endormir, ma tête contre ton épaule, les cheveux barbouillés, mais heureuse.
13. Je me réveille à cause du bruit de la pluie. Décide de t’embrasser partout, encore.
14. Je t’entends me dire que tu as envie d’une balade du quartier. Je décide d’obéir. Je m’habille, tout comme toi.
15. Je referme la porte, doucement, sur cette nuit que j’avais imaginée tellement différemment, mais qui après coup, me plaît d’autant plus ainsi.
16. Je pars me promener en ville, ta main scotchée à la mienne.
17. Je m’arrête, en plein milieu d’une foule. Je t’entends me dire que tu m’aimes.
18. Je ris. D’un rire incontrôlablement joyeux. Me fous des gens qui nous observent.
18. Je tente de retenir ce que tu me dis. De graver ça dans ma petite tête. Je n’ai que des images. Tes yeux, ton sourire, ta main.
20. Je démêle tes paroles et comprends.
21. Je me dis être la plus chanceuse du monde.
22. Je te dis que je t’aime. Je t’entends dire idem.
23. Je suis tellement heureuse… je n’espère pas me marier, mais tout comme.
24. Je m’avoues (bis) la plus chanceuse d’entre toutes.
25. Je me dis, qu’après tout, j’aime notre histoire. N’envie absolument personne d’autre. Je remercie mentalement cette faculté que j’ai de faire confiance à mon instinct. Je me dis que tu n’es pas dans ma vie pour rien. Juste vivre le moment. Et profiter.
(…)
Aujourd’hui…
… j’ai coupé le bout d’une courgette et j’y ai vu un signe de mon amoureux.
Paf! Comme ça, sans avertissement.
(ça surprend)

Kitsh, direz-vous… Tut tut tut.
On appelle ça l’amour outre-mer. Constitué de petits clins d’oeil insignifiants, mais existant tout de même.
ok. je m’ennuie de lui. Un peu, beaucoup, à la folie.